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Ordre de Fontevrault
Villers-Cotterêts


Histoire et Architecture                  

Vallon étroit et tapissé de prairies humides, dissimulé de partout par des bois et isolé de toute activité humaine, tel est le site de Longpré et, en même temps, le site idéal que recherchaient les réformateurs ascètes du 12 ème siècle.
Ici se trouvait, dit-on, une communauté d'hommes qui dépendaient de Saint Médard de Soissons. La comtesse de Valois obtint vers 1180 de la remplacer par une colonie de Fontevristes.
 
L'ordre de Fontevraud observait la règle bénédictine dans ses rigueurs primitives et y ajoutait quelques particularités singulières : chaque maison était mixte ; c'est une femme qui gérait l'ordre entier. De ce fait, Longpré ne connaîtra que des prieures.

Les Fontevristes étaient contemplatives, elles portaient la robe et le voile noirs des Bénédictines. Tous les trois ans, on élisait la Prieure. La communauté choisissait son aumônier, souvent un père de l'ordre qui cumulait parfois les fonctions de procureur ou d'intendant.
 
Longpré avait toute la faveur de la noblesse du Valois ; c'est là que l'ordre privilégié confinait ses demoiselles, soumises à la coutume de l'Ancien Régime.
 
Les archives de l'Aisne conservent le registre d'admission pour les années 1675 à 1730 ; on y voit que les familles entières assistaient à ces cérémonies ; les professions y suivaient d'un an la prise d'habit.
 

Toujours les religieuses veillèrent dévotement sur l'important trésor de reliques que renfermait leur église. En 1646, elles avaient remplacé dans de nouveaux coffrets les ossements dont certains étaient anonymes depuis l'incendie de 1622. L'année 1695 connut la solennelle inauguration du reliquaire de Sainte Léocadie. Cette oeuvre d'art avait été offerte par la soeur Françoise Léger.
 
Longpré connut à la Révolution les étapes de plus en plus radicales de l'offensive d'irreligion. Certaines nonnes cherchèrent asile dans leur famille : d'autres défièrent la loi de 1790 qui les avait déliées de leurs voeux et leur avait promis une pension. Elles s'obstinèrent à rester. Des ecclésiastiques réfractaires pourchassés se dissimulaient dans la forêt. Le district de Soissons s'en émut. Il y envoya, au début de 1791, deux de ses administrateurs - Quintet et Letellier - pour déloger ces conspirateurs.
 
Le district n'avait pas concédé à Longpré le répit accordé à d'autres monastères. Bien au contraire, notre couvent fut un des premiers qui fut mis à l'encan.
 

 


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Dernière modification : 17 March 2008